Menu
A cause de la poussière, nous avons parfois du mal à voir devant nos roues. C'est assez délicat pour distinguer les véhicules qui peuvent arriver au même moment...

Du vélo dans la jungle : acclimatation sur pistes rudes

Nous voici à Porto Velho, au Brésil, après avoir roulé plus de 1400km depuis La Paz en Bolivie. Partis de 3700m d’altitude nous avons du passer un col à plus de 4700m pour pouvoir ensuite profiter d’une descente de … 75km ! Oui, plus d’une heure de vélo sans pédaler qui nous permet d’atteindre le bassin amazonien, les bananiers, la chaleur humide et les moustiques… changement de climat pour le moins radical.

Le temps est mauvais et nous décidons d’éviter la route de la mort et ainsi gagner du temps pour nous trouver un abri. Nous ne serons pas déçus de notre choix car nous roulons ensuite sur des routes semblables à celle-ci mais sans aucune activité touristique car, certes, il y a des descentes, mais aussi de difficiles montées que les tours opérateurs épargnent à leurs clients.

Quelques difficultés

La poussière ajoutée à la chaleur
La poussière ajoutée à la chaleur

Dès les premiers jours nous rencontrons quelques problèmes. En effet la pédale de Siphay se bloque et nous devons la démonter et changer les roulements (nous en avions en stock) sur le bord de la route poussièreuse. Ensuite ce sont deux crevaisons successives que nous devons réparer à tout prix car nous n’avons qu’une seule chambre à air « petite valve » de rechange car il est quasiment IMPOSSIBLE d’en trouver en Bolivie… A La Paz nous avons cherché pendant 24h pour finalement en trouver deux qui trainaient derrière les cartons d’un magasin de vélo…

Peu habitués à dormir dans des hamacs avec moustiquaires nous faisons quelques dégâts… En effet, le premier soir où nous décidons de monter les hamacs il fait déjà nuit et les insectes ne nous facilitent pas la tâche. Après un certains temps, pris par la fatigue, Siphay abdique et décide de monter la tente, Brian, lui, s’accroche et commence la nuit dans son hamac avant de partir rejoindre Siphay dans la tente sur les coups de 2h du matin. Morgan, quant à lui, se retrouve au milieu de la nuit en appuie sur la moustiquaire car le hamac est dangereusement penché sur le côté droit… Il explique : « J’ai essayé de sortir du hamac doucement pour le remettre correctement mais je n’ai pas pu éviter de déchirer la moustiquaire… deux trous de la taille d’un ballon de foot. J’ai donc continué la nuit sans la moustiquaire et en mettant mon drap par-dessus moi, de la tête aux pieds, et ainsi passé une agréable fin de nuit ».

La chaleur, après plusieurs mois passés dans des climats froids et secs, nous épuise. Ici, l’air est quasiment saturé en eau et la transpiration ne s’évapore pas bien. Par conséquent elle ne joue pas efficacement son rôle de régulateur de température et nos corps « surchauffent ». Morgan raconte : « En pleine journée j’ai eu l’impression d’avoir de la fièvre. En réalité j’avais juste besoin de me refroidir, mon corps devait être au-dessus des 37°C, car après une pause à l’ombre et un peu d’eau sur la tête je me sentais très bien de nouveau »

L’Amazonie bolivienne

La pluie et la boue
La pluie et la boue

Les 3 premiers jours nous sommes toujours dans un environnement vallonné, oscillant entre 500m et 1500m d’altitude. Nous regrettons déjà le bitume et roulons sur des pistes de cailloux et de terre. Une fois arrivés à Yucumo nous apprenons à rouler sur de très longues lignes droites, plates et où la poussière nous perd dans un brouillard épais à chaque passage de camion. Parfois nous ne voyons pas à 2m devant la roue. Siphay en a aujourd’hui subit les conséquences: « Durant ces derniers jours je sentais un léger goût bizarre au fond de la gorge, j’ai pédalé l’ultime étape de 130km sans pratiquement rien manger et, en fin de journée, des nausées se sont faites ressentir. Heureusement que nous sommes reçus dans une maison car c’est une infection de la gorge et cela provoque fièvre et troubles digestifs. Le médecin, après m’avoir fait passer le test pour la malaria, dit que c’est certainement dû au grande quantité de poussière inhalée. »

Plus les jours passent et moins nous croisons d’habitations sur notre chemin… à partir de Rurrenabaque , à 500km de La Paz, nous parcourons parfois plus de 60km sans rencontrer personne et lorsque enfin nous voyons une petite ferme au loin nous avons le droit à des regards surpris puis une gentillesse et une hospitalité commune à toutes ces régions du monde loin de la civilisation. Curieusement, le paysage sur cette partie de l’Amazonie, appelée le Béni, nous fait voir de grandes plaines où les arbres semblent avoir existé mais ne sont plus qu’une histoire ancienne, ayant laissé leur place à des marais et de hautes herbes. Brian témoigne : « Sur plusieurs centaines de kilomètres, nous voyons le même paysage en fond de ces grandes lignes droites. A la longue, c’est vraiment épuisant, limite insupportable, de voir toujours la même chose, tous les jours. Au moins on positivait en se disant que ça nous préparait mentalement pour la suite, pour des étapes comme le grand désert australien par exemple ».

Une autre facette que nous avons découvert ici est l’ambiance proche du « Western » qui règne dans certains villages que nous mettons sur le compte des conditions de vie difficiles et rustiques mais aussi à cause du narcotrafic et de l’exploitation illégale du bois. En effet, nous ne manquons pas de voir des hommes avec quelques doigts en moins (règlement de compte ?), tous une arme blanche autour de la ceinture ou un fusil dans le dos, les hommes assis en terrasse nous dévisageant d’un regard dur peut être pour nous rappeler que nous sommes sur leurs terres

Nous pouvons aussi signaler que nous n’avons pas encore eu affaire à des serpents mais qu’en revanche nous avons vu des centaines de caïmans tout au long de notre route à travers l’Amazonie bolivienne, des bêtes ne dépassant pas les 2,50 m.

Préparatifs pour la transamazonienne

Voir l’article complet de nos préparatifs pour l’Amazonie.

Nous sommes donc actuellement à Porto Velho chez des brésiliens couchsurfeurs qui nous hébergent et nous offrent un peu de confort. C’est d’ici que nous remettons nos vélos en état et reprenons des forces pour attaquer la partie la plus « hard » que nous n’ayons jamais réalisé… en effet, les gens d’ici nous disent que nous sommes  « louco » (fous) et nous déconseillent de nous aventurer sur cette route en vélo… que la jungle empiète sur la route, que les villages sont espacés de plusieurs centaines de km et que les animaux dangereux règnent en maîtres dans cette région. Nous leur répondons que nous serons prudents et que nous connaissons les risques.

Mots-clés: