Menu
C'est le 02 mars que nous quittons Ushuaia, après avoir déposé Bertrand à l'aéroport... Plus de 2 mois sans pédaler, un moral quelque peu affecté, une selle mal réglée, le froid qui s'installe avec un vent violent et enfin une première journée de 40km de côte ont eu raison du genou de Morgan. Afin de ménager son articulation tout en continuant d'avancer nous décidons de tenter le "Vélo-Stop"... et ça marche !!!

D’Ushuaia à Puerto Natales : Les galères se suivent mais ne se ressemblent pas…

Extrait du journal de bord de Morgan

Bertrand rentre en FranceLe 02 mars nous déposons Bertrand à l’aéroport d’Ushuaia… la séparation est difficile et nous ne cachons pas notre tristesse de laisser notre frère d’aventure rentrer en France alors que nous poursuivons notre route… Nous n’oublierons jamais cet instant où il se retourne une dernière fois, nous fait un signe de la main, et dans ses yeux nous lisons de la tristesse… peut être le reflet de la notre qui est grande…

Pas remis de cette séparation nous nous pressons d’équiper nos vélos et devons une nouvelle fois vivre l’instant difficile des au revoir… Embrassades et mots d’encouragements signent notre départ !!! Daniel et Joëlle, à bord d’Ocean Respect, vont nous manquer !!!

Les premiers km : aie ! aie ! aie !

Nous savons qu’après 2 mois sans rouler nous devons démarrer doucement… Nous faisons donc une première étape de 40km, très petite comparée à ce que nous faisons habituellement. Mais après deux mois sans faire de vélo, 40km principalement en montée me font payer le prix cher. Je me couche avec une douleur au genou qui nous inquiète.

Parce que les problèmes n’arrivent jamais seuls, je découvre que mon matelas est crevé… et je n’arrive pas à trouver le trou… peut être a t-il souffert de l’humidité durant les deux mois à bord du bateau (?)

Ces petits ennuis, ajouté au départ de Bertrand, à la fin de notre séjour en Antarctique avec mon père, Daniel et Michel puis les au revoir à « Ocean Respect » et son équipage ne facilitent pas les choses… je m’endors avec le moral un peu atteint

Avancer !!! Il faut avancer !!!

Que faire ? Rester là à se lamenter ? Non !!! Pas question !!! Siphay me remonte le moral et nous commençons à faire la liste des solutions. Mon genou m’empêche de forcer, le vent est très fort et nous devons assurer les 100km quotidien pour arriver dans les temps à notre rendez vous à Santiago !!!!

La seule solution que nous trouvons :

Nous allons arrêter de rouler quelques jours et laisser mon genou se reposer. Pour ne pas perdre le temps qui nous est si précieux nous allons marcher en poussant les vélos et tenter de faire du stop !!! Lorsque mon genou ira mieux nous remonterons sur les selles.

Faire du stop avec 2 vélos et 80kg de bagages : Qui l’eut cru ?

Vélo-Stop
Vélo-Stop

Nous passons de la benne d’un camion à l’arrière du pick-up d’Hugo en passant par la remorque d’Hector et sans oublier l’utilitaire d’Eduardo où nous nous retrouvons avec 4 hindous ne parlant ni espagnol, ni anglais, ni français. Nous arrivons quand même à comprendre qu’ils vont à Punta Arenas pour faire du business… Nous sommes tous les 6 à l’arrière de ce genre de Chrysler Voyager avec les 2 vélos, nos bagages ainsi que les leurs… Je vous laisse imaginer la scène 🙂

Entre deux sessions de contorsionnistes nous marchons face à ce maudit vent qui nous rappelle les rafales que nous avons pu essuyer en passant le Cap Horn. Cette force invisible arrive à nous arrêter net !!! Même à pied nous avançons  difficilement

Parfois nous montons à bord d’un véhicule pour faire un pauvre petit km, d’autres fois nous avançons de plus de 150km. Nous profitons de ce nouveau concept pour peaufiner nos techniques : un vélo couché par terre semble bien fonctionner, faire semblant de réparer nos montures est aussi assez efficace pour arrêter les automobiliste… Siphay s’en va même demander aux personnes arrêtée au feu rouge : c’est clairement la méthode la plus efficace lorsque nous sommes en ville !!!

Attention, ne plus faire du vélo comporte aussi des risques…

Les adieux, le mal au genou, le matelas crevé… et nous déchargeons une énième fois nos vélos d’une remorque d’un aimable argentin. Et là !!! Surprise !!! La piste et ses nombreuses bosses ajoutés à un manque d’attention lors de l’amarrage de mon vélo ont eu raison de mes 2 pneus… Le pneus avant est totalement déchiré, à l’arrière il à souffert mais pas suffisamment pour crever.

La jante avant à aussi un peu souffert mais heureusement n’est pas voilée.

Notre ami de quelques heures nous laisse au milieu de la Pampa car il part à droite vers Rio Gallegos et nous allons à gauche vers Punta Arenas où nous comptons réparer les dégats, changer le pneu avant et réparer la chambre à air… Mais avant cela nous devons aller dormir un peu.

Après 72H de « Vélo-Stop » nous atteignons notre premier objectif : Puerto Natales.

Nous réparons les dégâts, mon genou commence à aller mieux et nous arrivons à Puerto Natales le 5 mars au soir. Après 72h de péripéties en tout genre nous avons avancé de plus de 500km !!! Tant mieux !!!!

Dans cette ville touristiques où tout le monde prépare son excursion en direction des superbes sites environnants nous apprenons qu’il est interdit de camper. Tout est organisé pour le tourisme et les hôtels de trekker en tout genre foisonnent ici.

Notre campementAprès avoir fouiner un peu partout je suis tenté par une option à 3€ pour camper dans un jardin prévu à cet effet mais Siphay me rappelle notre principe : ne jamais débourser 1€ pour dormir !!! Il a raison !!!

Nous partons donc aux abords de la ville et trouvons un petit espace pour planter la tente sur le flanc d’une colline. Nous nous endormons satisfaits de notre avancée et en pensant à Brian que nous allons retrouver à Santiago.

Aujourd’hui, le 6 mars, nous cherchons où poser nos vélos et allons partir visiter le parc Torre del Paine situé à 150km di’ci. Nous irons là bas en stop et passerons 5 jours en sac à dos…

Mots-clés: