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Faire le tour du monde à vélo – Transports

Cet article est le début d’une série d’articles portant sur les aspects pratiques d’un tour du monde à vélo, en vous faisant profiter de notre expérience. Nous démarrons cette série en proposant notre retour d’expérience sur l’aspect Transports.

Lorsqu’on souhaite changer de continent, qu’on casse du matériel ou qu’on doive gagner du temps, il est souvent inévitable de monter dans un avion, train, bateau, bus ou voiture… Et avec un vélo chargé de 6 sacoches, ce n’est pas toujours évident. Un petit panel de conseils et d’expérience vécus sur notre tour du monde.

 

Avion

Le plus stressant, sans conteste. Et aussi le plus cher. Au delà des exigences des compagnies sur les précautions à prendre pour le transport des vélos, bien souvent on ne sait pas combien ça va coûter. Nous n’avons pas pris de billets « tour du monde » car de tels billets n’existent pas pour une durée de trois ans à ce que nous sachions. Nous recherchons nos billets d’avions 2 ou 3 mois à l’avance en faisant appel à des comparateurs de vol comme vol24.fr.

 

Les règles du jeu ?

Sur les sites web des compagnies, les détails concernant les bicyclettes sont précisés mais, une fois devant le comptoir d’enregistrement, les règles peuvent changer. Brian et Siphay se sont retrouvés à payer $140 chacun de supplément pour leur vélo et un bagage supplémentaire entre Auckland et Sydney. Pourtant ils avaient enregistré et déjà payé un bagage à la réservation. A moins d’une heure du départ de l’appareil et avec des gens qui attendent leur tour à l’enregistrement, dur de négocier avec une hôtesse d’accueil qui n’a aucun pouvoir de changer lesdites règles… Morgan en a fait les frais en payant $ 240 d’excédent de bagage au départ d’Alaska :

Morgan : « Sur le site internet de United Airlines il était spécifié que je devais payer $200 si mon vélo dépassait 23kg et 1m65. J’ai donc fait en sorte de rentrer dans les critères sans les dépasser mais une fois à l’enregistrement il m’ont fait payer $240 sous prétexte que c’était mon second vol, après l’escale à San Francisco… inexplicable et difficilement négociable »

 

Low-cost ou pas ?

Chez les comparateurs de vol, les low-cost arrivent souvent en tête de liste. Mais les tarifs calculés ne prennent pas en compte les coûts du transport du vélo qui varie pas mal d’une compagnie à l’autre. Hors l’expérience nous a montré que les coûts de transport d’un deux roues sont bien souvent plus cher chez les low cost. Par exemple, Morgan a voyagé avec Air New Zealand pour aller à Sydney alors que Siphay et Brian ont opté pour Virgin Australia (low-cost). Résultat : Pour embarquer son vélo, Morgan a payé $35 contre $140 pour les autres. Finalement, billet + frais de bagages, le prix a différé de peu. Donc, si l’écart est faible, nous déconseillons les vols low-cost où de plus les repas et les boissons sont hors de prix tandis qu’ils sont gratuits sur les compagnies dites classiques.

 

Comment emballer son vélo ?

  • Enlever la selle et l’attacher le long du cadre
  • Démonter les pédales
  • Dégonfler les pneus
  • Démonter la roue avant et l’accrocher  le long du cadre
  • Desserrer et tourner le guidon de 90°
  • Protéger contre les chocs : pédalier, dérailleur et moyeux
  • Emballer le tout dans un carton ou avec du film plastique que les industries utilisent pour emballer leurs palettes.
Vous pouvez toujours trouver des cartons en allant demander dans les magasins de vélo. Il est judicieux de laisser les sacoches avant et arrière droite montées sur le vélo avec quelques habits dedans pour protéger les moyeux. Il est difficile de garder les 4 sacoches sur le vélo sans risquer de dépasser le poids et/ou les dimensions standards.
 

Assurances : prendra, prendra pas ?

On pourrait croire qu’avec notre budget nous évitons systématiquement les assurances pour les vols. Mais dernièrement nous avons tous choisi d’en souscrire une. En effet, nos vélos sont uniques et chers, il serait très difficile et long de retrouver le même. Sans compter sur la délicatesse des agents d’aéroport avec nos montures… En arrivant à Sydney, les roulements de pédalier du vélo de Brian étaient endommagés idem pour ceux du moyeu avant : il a fallu les changer. Coût de l’opération : $100. Dans ce cas là par exemple, Brian était content d’avoir pris une assurance.

Mais le processus est long et compliqué et les assureurs sont malins pour faire traîner la chose et vous demander un document inconnu au bataillon et qu’il vous faut aller chercher chez la compagnie directement, quand vous êtes déjà partis de l’aéroport depuis plusieurs jours à vélo, sans possibilité évidente d’y retourner… Il est parfois impossible de les avoir au téléphone et certains ne répondent pas aux mails ou en travers. Bref, c’est souvent la croix et la bannière pour obtenir son dû. Mais avec patience et persévérance on fini par y arriver.

 

Train

Nous l’avons utilisé au Maroc pour aller rejoindre Brian à Casablanca. Si en France et dans de nombreux pays d’Europe il est relativement facile de voyager avec son vélo, ailleurs ce n’est pas forcément évident. Quand Brian avait demandé à la gare de Casablanca si c’était possible, on lui a dit oui, puis au téléphone tout son contraire. Bref, il nous a fallu négocier avec les agents sur le quai pour pouvoir monter nos vélos, et encore à l’intérieur du train plusieurs fois il nous a fallu renégocier car ils voulaient nous faire sortir du train.

Morgan : « Dans un cas comme celui là il faut insister, rester poli et courtois mais sans jamais céder. Si ce compartiment à vélo existe c’est que nous avons le droit de l’utiliser sans donner de bakchich. De plus, si un chef de gare nous a autorisé à monter au départ, pas question de sortir du train avant notre destination finale. »

 

Bateau

Ferrys

C’est vraiment un bon plan de prendre un ferry en général. Le surcoût est très léger pour les vélos, voire inexistant parfois. De plus on peut en général poser son matelas et son duvet par terre pour dormir, ce qui suffit largement au confort des cyclovoyageurs que nous sommes. Après, sur une longue traversée, le prix du ticket peut être très cher, comme ces $200 par personne que nous avons évité de payer au Canada pour la traversée de l’Inside Passage avec Dan qui nous a embarqué sur son bateau de plongée.

Négocier avec les compagnies de ferry pour avoir un prix préférentiel est souvent très compliqué car les personnes capables de prendre les décisions ne sont pas joignables, pas sur place. Mieux vaut passer son temps à chercher des bateaux privés.

Voiliers

Sur un tour du monde, il est probable que vous vous retrouviez sur un voilier à un moment ou à un autre : si vous voulez éviter les avions par exemple ou pour éviter de traverser le Darién au Panama, comme il nous a été donné de le faire. Là, soit vous payez un charter boat pour vous emmener à $400, soit vous pouvez faire du bateau-stop (voir la suite). Au niveau de l’espace, seul sur un voilier, aucun problème. A plusieurs, ça commence à sérieusement prendre de la place. Le mieux est de démonter le vélo et de la ranger à l’abris de l’eau et du sel…

 

Le stop

Voiture et camions

Surprise mais ça marche plutôt bien ! Nos vélos sont finalement une bonne vitrine pour se faire emmener et plusieurs fois nous avons été aidé par des automobilistes ou des chauffeurs de camion. Les convaincus du « tout vélo sinon rien » se trompent, personne n’est à l’abri d’un moyeu qui lâche, une pédale qui se bloque ou d’un pédalier qui casse. A la frontière Mexique-Guatemala, croyez-nous vous ne faites pas l’écolo borné bien longtemps et acceptez gentiment un transport pour sortir de là !  Au milieu de nulle part, pour trouver du ravitaillement c’est parfois compliqué : nous avons dû faire du stop pendant 3 jours pour pouvoir trouver un nouveau pédalier à Brian au Mexique, à la veille de Noël.

La technique (pas si évidente que ça) consiste à montrer que vous avez besoin des gens : coucher le vélo quand vous avez un problème, aller parler aux gens sans relâche en leur expliquant votre cas.  Bien sûr, visez les pick-ups et camions, une voiture vous prendra peut-être seul, mais à 3 ou 4 ce n’est pas possible. Un routier qui vous a vu plusieurs fois depuis une semaine sur la même route pédaler s’arrêtera probablement. Les routiers sont globalement nos amis et alliés dans notre aventure.

 

 

Bateau-stop

Comment ne pas penser à notre ami Alain Beauvillain ici pour finir cet article. Il a accepté de nous embarquer sur son voilier de 9m pour rejoindre le Panama, avec nos 3 vélos et nos 18 sacoches, à 72 ans ! Sans lui nous aurions vécu une traversée des San Blas bien plus terne avec un charter suédois qui voulait nous ruiner… Tout ça pour dire que oui, ça marche, quitte à rester plusieurs jours à vadrouiller dans les ports, proposez votre aide. Nous avons nettoyé le bateau d’Alain et l’avons remotivé à reprendre la mer à son âge : nous étions une raison pour lui de repartir naviguer et de lui donner un peu de gaieté dans sa vie, et il nous l’a bien fait comprendre en se disant « réconcilié avec la jeunesse » à notre rencontre. Parfois, simplement proposer de la bonne compagnie suffit. Il faut se montrer enthousiaste et déterminé ! Les voileux sont une communauté de voyageurs de la mer, mais voyageurs avant tout et ils savent faire preuve d’hospitalité !

Voilà, nous espérons que notre expérience vous servira dans vos futurs voyages à vélo ! Et partagez vos avis dans les commentaires si nous avons loupé quelque chose.