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Sur la route vers le Venezuela, nous croisons de nombreuses cascades qui rafraîchissent nos journées dans ce climat bien chaud. Une bénédiction pour nous !

Du Brésil au Venezuela, avec ou sans escorte

Le 22 septembre 2011 nous quittons notre petit paradis du nom de Alter do Chão.

Manaus - Puerto La Cruz
Manaus – Puerto La Cruz

Nous avons bien préparé la suite de notre parcours et savons pertinemment que nous allons devoir payer le prix de trois semaines de pause. En effet, nous faisons les comptes et le bilan est salé : nous devons réaliser 5000km en 50 jours pour arriver à temps au rendez vous fixé avec nos amis et parents qui nous rejoignent au Costa Rica le 17 novembre… S’ajoute à cela notre intention de faire des arrêts de quelques jours dans certains coins que nous avons repéré ainsi que de rejoindre des internautes vénézueliens nous ayant contacté depuis de nombreux mois déjà.

Cette étape au départ du fleuve Amazone, passant par la mer des Caraïbes et les Andes et se terminant dans le superbe pays du Costa Rica nous réserve de belles surprises comme nous les aimons…

Manaus : une famille formidable

Lors de notre remontée en bateau du fleuve Amazone, de Santarem à Manaus, nous sommes accompagnés de deux brésiliennes rencontrées à Alter do Chão. Lorsque, au fil des discussions, elles en apprennent un peu plus sur le projet Solidream Kindreully et sa tante Tania nous invitent dans leur modeste appartement qu’elles partagent avec Nara et ses deux enfant, Gessika un cousine, un cousin fantôme ainsi qu’un jeune en difficulté qui s’occupe des travaux ménagers en échange d’un toit…

Il n’y a qu’une seule voiture pour tout ce monde et lorsqu’ils décident de nous emmener nous baigner dans les rivières du coin nous partons à 10 dans la voiture de la taille d’une Golf… pour un trajet de deux heures aller-retour. Un sens de la vie en communauté, du partage, de l’hospitalité à tout épreuve.

Après un week-end à découvrir Manaus et ses environs nous quittons cette famille avec un brin d’espoir de pouvoir revenir ici un jour. Ils nous invitent à rester plus longtemps mais nous leur expliquons notre rendez-vous au Costa Rica, nos contraintes choisies… Ils comprennent et lorsque nous enfourchons nos vélos ils nous accompagnent du regard jusqu’au coin de la rue.

Les derniers 1000 kilomètres au Brésil : voyager avec escorte

A peine nous faisons nos premiers kilomètres dans cette immense ville qu’une automobiliste nous demande où est-ce que nous allons. Nous lui annonçons Boa Vista, au Nord, et tout naturellement elle nous propose de la suivre jusqu’à la sortie de la ville pour nous faciliter les choses dans ce trafic dense et ces croisement à n’en plus finir. Le Brésil et ses habitants vont nous manquer

Après une première journée de 100km nous nous arrêtons dans un des rares « restaurant » situés sur le bord de la route. Ainsi nous comptons pouvoir profiter de l’eau courante, d’un abris pour la pluie et d’un bon repas à un prix très accessible.

Il est environ 19h, nous sommes assis à discuter tandis que Brian est sous la douche. Une voiture qui nous est familière s’approche de nous, s’arrête et les portières s’ouvrent. Ce sont Nara et Kindreully qui ont décidé de nous rattraper pour deux raisons expliquent elles « Nous sommes allés voir votre site web et avons décidés de venir vivre un peu l’aventure Solidream avec vous tout en vous aidant à avancer plus vite grâce à notre voiture » et ajoutent  » Nous avons pris nos hamacs et de la nourriture pour vous en pensant que vous auriez faim »

Accrochez vous !
Accrochez vous !

Ainsi, les jours suivants nous avançons principalement accrochés aux portières de part et d’autre de la voiture roulant parfois à 70km/h… Heureusement nous ne comptons aucune chute dans l’équipe. Grâce à elles nous faisons les 900km qui nous séparent du Venezuela en 4 jours seulement et pouvons profiter tous les cinq d’une journée dans les alentours de la ville frontière de Santa Elena de Uairén pour prendre notre premier bain en terre vénézuelienne. Le lendemain nos anges gardiens, après avoir vécu leur aventure, s’en vont vers le Sud, en direction de leur maison et famille, quant à nous nous continuons vers le Nord, sur de nouvelles terres.

De Santa Elena à Puerto La Cruz

Dans les problèmes comme dans les bonnes choses la loi des séries est souvent vérifiée. Cette fois ci elle se traduit par un email que nous recevons de la part de Noel et Marie Claire, des amis de la famille, qui dit :

« Bonjour, nous sommes des amis de Dominique et Alain Monchaud de Pau. Nous sommes résidents au Venezuela. Dominique et Alain nous ont dit que vous passiez par chez nous et c’est avec grand plaisir que nous vous recevrons (Pour une bonne douche,une bonne table, un bon lit, lessive et piscine…le luxe pour vous en quelque sorte)

Bonne route, bon courage et esperons vous voir bientot.

Noel et Marie-Claire »

Nous savons qu’il nous reste 1000km pour rejoindre Puerto La Cruz, tout prêt de là où ils habitent, mais dès à présent nous sommes rassurés de savoir que nous aurons le droit à un tel accueil car les jours qui vont suivre ne seront pas de tout repos…

Les cascades du Venezuela
Les cascades du Venezuela

Les deux premiers jours sont agréables, nous traversons le Parque Nacional Canaima, contemplons le Mont Roraima ainsi que quelques belles cascades. Puis nous vivons notre première déception au contact des indigènes qui, au contraire des Brésiliens, cherche à nous soutirer de l’argent dès que nous demandons quelque chose : de l’eau, un toit pour nous abriter de la pluie…

Une fois sortie de cette région Sud, nous traversons les villes telles que El Dorado ou encore Km88… le fief des chercheurs d’or et de diamants, le domaine de quelques brigands et malfrats. Nous sentons directement l’ambiance tendue, les regards lourd qui pèsent sur nous et notre matériel, l’insécurité est bien celle que nous ont décrit les personnes rencontrés sur notre chemin. S’ajoute à cela une route étroite, sans bande d’arrêt d’urgence, un décor des plus ennuyeux et des lignes droites sans fins… nous décidons de rejoindre la côte au plus vite. En résultent des journées de 150, 190, 200km… Nous sommes parfois contraints de rouler la nuit pour réussir à trouver un lieu sûr pour installer nos hamac…

Finalement nous ferons même les 150 derniers kilomètres, pour rejoindre la côte, à bord d’un camion tellement nous trouvons peu d’intérêt à rouler dans de telles conditions… l’Homme est bien plus dangereux que les animaux les plus féroces, que les montagnes les plus périlleuses ou que les désert les plus arides. Nous le savons et choisissons la prudence lorsque ces dangers sont cumulés à des routes et paysages sans intérêts.

La suite du Venezuela s’annonce beaucoup plus intéressante avec notre cinquième et ultime traversée des Andes… dans la région de Mérida. Visualisez notre itinéraire détaillé ici

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