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Alain, alias Abuelo! Notre capitaine que nous ne pourrons jamais oublier.

Le vent nous mène au Panama, les îles San Blas nous font planer

Dans un voyage du genre que l’on est en train de faire, il y a des choses que l’on peut planifier : un dénivelé sur une carte, un itinéraire, parfois la météo ou d’autres choses non factuelles. En revanche, rencontrer un mec génialissime qui vous fait traverser les Caraïbes sur son voilier au milieu d’un archipel d’îles paradisiaques, ça restera toujours une surprise inoubliable.

Alain : la rencontre avec un bon gars

« Excusez-moi, je vous ai entendu parler français, je cherche un voilier qui pourrait aider notre équipe de voyageurs à vélo à traverser de l’autre côté, au Panama, connaissez-vous quelqu’un qui puisse nous amener ? » dit Brian à Alain, avant de savoir qu’il serait celui-là même qui nous conduirait à Panama quatre jours plus tard. Nous lui expliquons notre projet, que nous dormons devant le port de Cartagena afin de rencontrer quelqu’un qui souhaiterait nous aider à traverser. Mais lui, c’est un gars du nord, simple et direct mais avec un cœur gros comme le poing. Il n’a pas besoin de nous jauger de trop pour nous inviter à dormir chez lui et sa famille colombienne au lieu de nous voir dehors toute la nuit.

Quatre jours plus tard, nous sommes en train de charger nos vélos sur la petite annexe de son modeste bateau, construit de ses propres mains. Après lui avoir montré les images de notre projet et lui avoir expliqué nos objectifs, il a tout simplement décidé de nous mener de l’autre côté pour le plaisir, le sien comme le notre ! Alain ne tarit pas d’éloges qui nous touchent profondément : « Vous êtes des gens extraordinaires, vous me réconciliez avec la jeunesse !« . Il paraît que trop d’humilité est demi-orgueil, mais entendre de telles paroles vous réconcilie avec vous-mêmes ! On se dit qu’on est là pour rencontrer des gens comme lui, qui nous font vibrer par leurs quelques histoires alors qu’ils en ont des centaines à raconter. On a presque envie d’être comme lui au final, et cette envie il nous la donne en nous encourageant de plus belle.

On oublie le vélo, bonjour les voiles !

Hissons les voiles !
Hissons les voiles !

Nous encastrons nos vélos dans le petit voilier de 9,40m et partons, direction l’archipel des San Blas, qui fait partie du Panama après trois jours de navigation. Rien à voir avec notre traversée du Drake pour rejoindre l‘Antarctique. Ici, nous sautons dans l’eau en pleine mer pour se réveiller de la pétole soporifique. Nous sommes un peu confinés dans le bateau, mais nous vivons beaucoup sur le pont, où les dauphins viennent parfois nous rendre visite. Les San Blas sont un archipel de 365 îlots coraliens au large de la côte panaméenne. Les décors de carte postale d’île paradisiaque s’enchaînent malgré une météo capricieuse, nous grimpons aux cocotiers pour aller chercher de succulentes noix de coco, nous rencontrons les habitants de ces îles magnifiques, les indiens Kunas, qui vivent entre autre du commerce des noix de cocos et du tourisme. Nous vadrouillons dans les labyrinthes de coraux, exercice délicat pour ne pas planter le bateau, comme cela arrive souvent dans le coin, pour aller mouiller proche d’une île plus splendide encore que la précédente.

Grâce à Alain, nous entrons en Amérique Centrale de la plus belle des manières. C’est la fin d’une étape d’une année entière en Amérique du Sud, nous prenons conscience des 15 000 kilomètres parcourus depuis notre entrée au Brésil à Sao Paulo. Nous réalisons que le temps passe très vite en voyage, il nous reste près d’un an et demi de découvertes et de défis. Cette ‘pause’ de vélo nous aide à prendre du recul, chacun sur soi-même, et nous nous sentons comblés d’être là à cet instant, à l’autre bout du monde. Et nous regardons devant : Amérique centrale, le rêve américain, l’Alaska… la prochaine année s’annonce chargée d’émotions et de surprises, Tant Mieux !

Morgan chez les indiens Kunas : épisode 2

1989 : Aurdrey et Morgan chez les Kunas
1989 : Aurdrey et Morgan chez les Kunas

En 1986, après sa première aventure autour du monde et en Antarctique, le père de Morgan embarque sa famille pour un nouveau voyage qui durera presque sept années. C’est à bord du voilier Tikaï, construit de ses propres mains avec l’aide de ses frères d’aventure, que Sylvie, Virginie, Morgan et Claude s’en vont en direction de l’Afrique, de l’Amérique… Après le Sénégal, le Cap Vert, ils traversent l’Atlantique pour rejoindre la mer des Caraïbes où ils apprendront à connaître les indiens Kunas… (voir leur voyage en images)

Morgan raconte : « Plus de 20 ans après notre passage dans ces îles me voici en train de voyager dans les photos de mon enfance. De remonter le temps en marchant dans les traces que ma famille a laissé dans ce coin du monde. Jamais je n’oublierai ce 07 novembre 2011 où j’ai vu apparaître à l’horizon cette île de cocotier, la première d’une longue série. Je ferme les yeux et me remémore les albums photos qui ont meublé ma chambre pendant de nombreuses années à mon retour en France, fin 1992. Et je remercie en silence mes parents pour avoir su entretenir ma mémoire en prenant ces clichés, mais aussi ces vidéos… car bizarrement j’ai l’impression d’arriver chez moi, comme si j’avais quitté ces îles il y a quelques semaines seulement. Les indiens n’ont pas trop changé, les îles encore moins et les villages sont toujours aussi beau entre eau turquoise et cocotier.

En posant mon pied sur une de ces superbes plages  je me souviens de ma soeur qui avait les larmes aux yeux et la voix tremblante lorsque je lui ai appris que nous allions retourner dans « les îles de notre enfance »… et à mon tour je ressens l’émotion forte de revenir ici, je plane, je rêve, mon regard se perd dans l’horizon… je suis heureux et pense fort à ma famille ainsi qu’à Daniel, Joëlle, Audrey, Aurore et Arnaud avec qui j’ai partagé mon enfance autour du monde… »

 

Indiennes Kunas
1989 : Indiennes Kunas

 

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