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Évolution de notre alimentation en voyage non motorisé | Solidream - Rêves, Défis et Partage
Revue rapide de nos habitudes d'alimentation en voyage non motorisé et ce que nous en avons appris
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Évolution de notre alimentation en voyage non motorisé

Altiplano bolivien, altitude d’environ 4 000 m, nous avons roulé toute la journée sur une piste sablonneuse et passé un col à près de 5 000 m. Nous plantons la tente, rincés par le froid et l’effort en altitude. Il va faire -15°C cette nuit au bas mot, nous sommes mal équipés et dormir risque fort de nous pomper des calories. Nous ouvrons 3 paquets de riz, soit 1,5 kg que nous engloutissons bien croquant, mal cuit à cause de l’altitude. Petit dessert à la barre chocolatée. En se levant le lendemain matin, nous avons faim.

 

Voilà à quoi ressemblaient nos repas, mais ça c’était avant. Nous croyions encore à l’équation « j’ai faim = je mange plus ». Depuis, on mange toujours beaucoup en expé, on ne peut pas faire l’impasse sur les calories brûlées, mais l’équation est devenue « j’ai faim = je mange mieux ». Bien sûr, il faut de la quantité, mais aussi de la qualité. De nombreuses lectures et retours d’expériences ont titillé notre curiosité depuis cette époque. Regardez du côté de Planète D (notamment sa transition alimentaire) ou lisez L’enquête Campbell par exemple. S’ajoute à ça la volonté, comme beaucoup, de moins polluer par notre consommation, donc moins de viande et de poisson et plus de protéines végétales (cet article montre bien pourquoi la viande et le poisson polluent plus, même localement).

 

Par ailleurs, on a établi une petite “règle des 3” (pas du tout scientifique) pour le voyage non motorisé : les 3 premiers jours, tu souffres musculairement, surtout si tu n’as pas d’entraînement ; au bout de 3 semaines, tu commences à te sentir vraiment bien dans ton corps, mais tu as faim tout le temps car tes muscles se forment ; au bout de 3 mois, t’es au top physiquement et tu connais ce qu’il te faut manger. Astuce supplémentaire : ayez toujours un petit sachet de sel avec vous car, parfois, on sent qu’on a besoin de manger et on se gave de sucré alors que c’est de salé dont on a besoin. En effet, il nous a fallu subir une crise d’hyponatrémie dangereuse en plein milieu de l’Amazonie pour réaliser l’importance du sel, en particulier dans les climats chauds où l’on sue beaucoup. Écoutez votre corps et faites lui confiance.

Sans expérience, on a tendance à privilégier la quantité à la qualité de la nourriture. Or, il faut les deux, surtout au début d'un voyage au long cours.

Concrètement, nos plâtrées de pâtes et de riz ont été agrémentées, parfois remplacées, par :

 

  • des oléagineux (amandes, cajou et cacahuètes notamment, sous forme de pâte à tartiner aussi)
  • des pseudo-céréales comme le sarrasin ou le quinoa, qu’on peut faire germer
  • des légumineuses (lentilles en particulier, qu’on peut aussi faire germer en 24h sur un sac à dos)
  • des épices (curcuma, poivre, cumin pour le goût et herbes aromatiques)
  • des graines (chia, sésame, lin ou tournesol)
  • de l’huile (essentiellement olive, mais on achète ce qu’on trouve)
  • du fromage, des oeufs
  • des plantes sauvages comme l’ortie
  • et bien entendu des fruits et légumes frais quand ils sont disponibles, bio si possible.

 

Le calcul est simple : en gros, à calories constantes, entre l’énorme plat de riz et le plus petit plat de riz/lentilles/amandes/tomates/curcuma/poivre, on capte bien plus de nutriments. Conséquence : on a besoin de moins manger en volume et on utilise mieux les calories, donc on optimise. Fini la faim du matin en se levant. Par ailleurs, le transport des fruits secs, lentilles et autres épices est très pratique et peu coûteux en poids. Depuis que nous avons rencontré l’entreprise Direct Pructeurs Fruits Secs (pour qui nous avons produit des vidéos), nous prisons particulièrement leur gamme de fruits secs vendus dans un engagement éthique et qualitatif remarquable. Nous carburons aux amandes, cacahuètes, noisettes, dattes, figues, abricots… On objectera peut-être le prix, surtout les produits issus de l’agriculture biologique : nous répondons que cuisiner bio et végétal revient grosso modo aussi cher que d’acheter de la viande ou du poisson (cela est d’autant plus vrai à la maison avec des fruits et légumes frais). Donc s’il faut manger végé pour équilibrer les dépenses, nous voyons ça comme une opportunité.

Lentilles, quinoa, carottes, amandes, orties, curcuma, poivre, sel et huile d'olive : ça a toujours la même sale tête, mais en vrai c'est mieux que le "riz et sel" d'avant !

Pour les protéines, débat souvent houleux, il y a pas mal d’alternatives végétariennes et végétaliennes. Cet article complet, par exemple, fait un point précis, notamment en ce qui concerne la différence d’assimilation entre protéines carnées et végétales. Dans certaines contrées, pas évident non plus de trouver des noix de cajou grillées au poivre ou du tofu ail des ours. Du coup, on n’a pas dit non au canard sauvage du Kirghizistan ou à la dorade corifène pêchée par nos soins sur le grand large Atlantique.

 

Conclusion de cette petite chronique : ça ne coûte pas franchement plus cher de mieux manger, plus goûtu, sain et un peu plus éthique. Le sujet de l’alimentation est vaste, les théories pour optimiser l’apport de nutriments sont nombreuses et parfois contradictoires. Nous cherchons encore la vérité vraie dans ce domaine. Mais nous espérons que ce petit retour d’expérience pourra vous être utile. N’hésitez pas à amener vos idées en commentaire, nous agrémenterons cet article ou bien cela pourra faire l’objet d’une prochaine publication.

Les repas, en voyage, c'est rassembleur. Manger sain c'est bien, mais manger ensemble des trucs qui font plaisir à tous, c'est aussi très important !
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